Ce n’est plus un miroir.

août 21, 2011 at 12:16 (Mo[ts/i], Yep Yep)

Ce n’est plus un miroir, ce texte que j’écris. Ce n’est plus mon reflet, mon image, mon double dénué de vie. C’est une mimique, une farce, une grotesque imitation d’un homme que j’admire et d’une femme aussi, sans oublier le troisième et la quatrième également. Viennent ensuite tous les autres, que je jalouse tendrement.
Ce n’est plus moi que mes mots reflètent, mais sont-ce encore les miens ?
Il est vain et orgueilleux de prétendre avoir « un style » et c’est pourtant ce dont j’étais presque persuadée. Pourtant aujourd’hui je réalise que ce n’était qu’emprunt, copie et pâle imitation burlesque d’une littérature qui n’est pas la mienne et ne l’a jamais été. On apprend en copiant, me signalera t-on. Certes, concéderai-je, si tant est qu’on est conscient qu’on copie, qu’on est auteur d’une oeuvre pâle et sans valeur aucune. Je ne l’étais pas et m’en suis rendue compte.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela n’a pas été une déception, une gifle, une désillusion. Non, plutôt un soulagement. J’ai enfin compris ce qui ne tournait pas rond. Pourquoi plus rien ne sortait de ces mains bouillonnantes et pourtant totalement désemparées face au vide blanc étouffant de la page au pixel blanc.
Je n’écris pas, je copie, j’imite, je ne suis plus moi.
Contrairement au dessin où ma colère et ma rage et mes regrets prenaient forme, dans l’écriture, ils n’étaient jamais vrais. Jamais purs. Jamais crus. Déguisés, en de jolies phrases nuancées, en rimes riches ou pauvres et en métaphores ennuyeuses, ils n’étaient pas vrais. J’ai cru un temps que mes pauvres états d’âme servaient d’essence à mon « inspiration », quel grand mot, mais je me trompai. C’est parce que j’étais encore sous le coup de l’admiration sans borne que je voue à lui, à elle, aux autres aussi. En perdant mes modèles, j’ai perdu la substance qui alimentait mes billets, devenant incapable d’écrire sans ressentir un profond malaise face à ces phrases maladroites que j’alignais sans conviction. Je ne suis pas écrivain, je n’ai pas à avoir de « style » et pourtant je l’ai cru, imbue de ma personne et belle idiote aveugle de son ignorance et sa médiocrité.
Je suis soulagée.
Soulagée d’avoir ouvert les yeux. Libérée de ce poids faussement élitiste que je m’étais moi-même infligée, je retrouve à nouveau l’envie d’écrire, pour de vrai.
Sans réfléchir à la mélodie de la phrase, ou aux répétitions voulues. Sans être -faussement- en concurrence avec la qualité des autres, sans les copier éhontément.
Je suis soulagée.

Je n’écrivais plus car mes mots n’étaient plus les miens.

Peut-être que lentement, doucement, je vais recommencer à les apprivoiser.
Il faudra du temps.
Ça tombe bien. J’en ai.

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Aimer. Détester. S’enfuir.

mai 11, 2011 at 10:24 (Uncategorized)

Changements radicaux. Coeur ébranlé et cerveau malade. Corps fragilisé, soumis aux aléas de la haine. Je m’effondre.
J’aime. J’aime M. et son grand corps mince et sa voix chaude et posée, j’aime ses sourires et ses paroles douces dans lesquelles je me repose.
Je déteste. Je hais sans limite mon colocataire, et ce, d’un coup. Soudain, je n’étais plus capable de le supporter, de l’entendre. Je voulais me battre avec lui, le rouer de coups, le griffer jusqu’au coeur et lui déchiqueter le ventre. Faire taire à jamais cette voix insupportable, lui faire ravaler son air du je-sais-tout et le maudire jusqu’à ce qu’il meurt, écrasé sous le poids de ma colère.
Cette bouffée soudaine de violence m’a effrayée et je suis partie.  J’ai erré 4h dans Paris, prenant un métro au hasard, griffonnant sur un cahier des bribes de textes noirs et sordides, je suis montée jusqu’au Sacré Coeur puis ai parcouru les rues de Paname à pied. Et je suis rentrée. Et j’ai pleuré. Longuement, épuisée mentalement, physiquement, par ces désirs de mort qui m’étreignaient. Je le hais. Comme ça, sans raison, et voudrais qu’il disparaisse. Depuis quand suis-je un monstre ?
Je suis malade. Car dans ma tête, il n’est pas le seul que j’assassine.
Le lendemain, j’ai écrit un long mail. Il restera sans réponse. Je pense que désormais lui aussi me déteste mais je m’en contre-fiche. Je veux juste qu’il me paie le loyer. Si je ne perçois rien, je suis prête à enclencher des procédures judiciaires. Je ne lui passerai rien.  Je veux qu’il crève. Je veux qu’il soit malheureux.
C’est horrible de souhaiter ça à une personne qui ne nous a rien fait.

Il faut que je me soigne.
Mon AD me donne la nausée.
C’est moi que j’aimerais vomir.

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J+2

avril 27, 2011 at 7:27 (Uncategorized)

Il y a 2 jours environ, j’ai toujours été mauvaise pour les calculs précis, nous en fêtions 365.
Un record absolu, dites donc.
Un an que je suis restée avec la même personne, le même homme, le même être humain car oui, il est bien humain, avec son grand buste presqu’imberbe, ses jambes longues et nerveuses et ses mains chaudes à dix doigts.
Serais-je  sur la bonne voie, si tant est qu’elle existe ?
Le divan nous digérait, l’écran nous hypnotisait. J’espérais une non-célébration de cet anniversaire, je l’ai eu à moitié.
Nous avons joué. Non pas joui. Joué. Incroyablement consternant pour des yeux extérieurs, fantastiquement exceptionnel pour moi qui ne tolère que le papier. Passer une journée devant un écran, en culotte rouge et soutif sombre, à exhiber mon bourrelet qui recueillait les miettes des cookies au chocolat dont je me baffrais (presque), c’est un miracle moderne.
Comme quoi, ça existe.

Je ne suis pas satisfaite de ce message. Mais on le sait, on écrit toujours mieux quand on pleure, quand on souffre, quand on crie. Moi je fais les courses. Mais c”est pas avec ça que  je vais nourrir ce blog.

Mais,
mais,
mais.

Ma fierté de blogueuse (hahaha) m’empêche de conclure ainsi.
Attendez vous donc à un futur billet un peu mieux.
Mais un peu plus tard, je dois aller acheter des pâtes.
Juste un peu plus tard, promis.

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Writing soon

avril 20, 2011 at 9:36 (Uncategorized)

Le 25 sera un jour particulier.
Il donnera lieu à un message, sûrement.
Je prends mon temps.
Histoire de.
Je vis toujours. Je crois toujours. J’aime toujours.
Toujours.
A dans quelques jours.

(trailer de fou, non ?)

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The one with the memories

octobre 29, 2010 at 10:26 (Mo[ts/i], Ren'à'foutt')

L’odeur du bois un peu humide, mêlée à celle du mauvais produit chimique pour le lustrer.
Les magasines éparpillés au sol, tels de vulgaires seringues mortes abandonnées par un camé anonyme.
Les pinceaux aux poils secs, en vrac, doublés, ébouriffés, qui s’élèvent comme des gerbes de chrysanthèmes célébrant l’ordinaire et l’ennui.
Je les retrouve.

Dans le secrétaire, des dizaines de tubes de peinture se cachent. A eau, huile, acrylique, aquarelle. Quelques un sont neufs, d’autres vides. Il y a des crayons aussi. Vieux et fatigués, démembrés de leur mine et rongés à moitié. Un taille crayon gît là, à côté d’un brouillon de couleurs, essai raté d’un cercle chromatique.

Je rentre dans cette pièce qui n’est pas ma chambre, mais où je dors néanmoins. Je sens s’étioler la résolution que j’ai prise. Fais rouler entre mes doigts froids un crayon isolé, gratte le papier rêche, quelques lignes apparaissent. Il y a ce bruit, si caractéristique, de la pointe de charbon qui dévale le papier au grain dur. Il y a cette odeur de térébenthine qui remonte mes parois nasales, atteint le cerveau, frappe le centre nécrosé de mes pauvres souvenirs pâles.
Je revois l’atelier.
Les yeux hypnotisés par ce souvenir déjà mort, je saisis plus fermement le pieu de carbone et attaque la feuille presque sauvagement, dans une rage contenue mais bouillonnante d’impatience. Qu’importe le travail, les livres qui attendent, les fiches et l’examen, les papiers à achever et les mails à envoyer. J’exprime ma furie un instant. M’arrête. Abandonne la preuve de ma hargne sur ce secrétaire aux odeurs assassines.

Le soir, elle me demande si c’est moi qui l’ai fait. Je grommelle. Malgré mes réticences, elle le montre. Me dit ce que je déteste entendre, ce que je méprise par dessus tout.
Je me demande si l’orgueil d’Huguenin, dont je lis le journal, ne déteint pas sur moi et puis, rassurée, je me rappelle que j’ai toujours, depuis longtemps, méprisé le Beau. JE ne m’étendrai pas plus, on rentrerait dans des considérations philosophiques interminables.
Je déchire la feuille.

Il est temps de travailler.

 

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This place called Home.

août 21, 2010 at 8:27 (Mo[ts/i])

Terrée…  Cachée ? Réfugiée.
Je ne le trouve pas.
Ce mot approprié. Ce mot juste. Ce mot qui  me manque. Qui exprimerait ce que je fais ici.
Au coeur, au sein de cet appartement désormais quasiment vide, désert et mort, je suis juste là. Je ne suis pas triste. Pas encore. Ni gaie. Surtout pas.
Je suis juste… là.
Je n’attends pas. Je respire. Je profite de ces derniers instants de solitude.
J’essaie de me rappeler. Mais tout se brouille, se mélange, s’éloigne.
Les rires. Les pleurs. Les déceptions. Les bouteilles d’alcool et les cendres éparpillées. Les vêtements sales, les livres ouverts et les recueils fermés, les chansons qui flottent encore dans l’air. Les après midi pluvieux et les matins clairs.
Je suis là. Je me souviens, j’oublie aussi.

Ici, c’était chez moi. Un squat. Un hôtel gratuit pour amis et connaissances. Une  maison de passe. Une aire d’autoroute. Un cocon. Le mien.
Ici, c’était chez moi.

Lorsque je suis entrée dans ce salon, la couleur crème des murs m’a rassurée. La belle cheminée condamnée m’a  appelée. Je me suis sentie chez moi à la seconde même où j’ai pénétré dans ce lieu. J’ai déménagé et je l’ai décoré. Nettoyé.  Embelli. J’en ai pris soin.
Le soir, ma rue m’attendait. Mes talons claquaient sur les trottoirs encore humides, je pressais le pas. La clé. La porte. Le coin coussin et le canapé qui s’écroule, je retrouvais ces meubles avec délice, me coupant du monde extérieur, trop rude, trop brutal, trop vivant.
Je venais m’arrêter ici. Je m’arrêtais.
D’avoir peur,  de craindre, de douter.

Bien sûr, ces murs m’auront vue pleurer. Bien sûr, ce sol m’aura sentie tituber. Bien sûr,  ce haut miroir m’aura contemplée dans un état de désespoir total.
Mais  il aura pu également observer le visage du green-eyed man. Du breton. Du niçois. De l’aixoise. Des martéguaux. Des marseillais. Des futurs parisiens. Du japonais. De tous ces gens que j’ai accueillis. Que j’ai aimés, détestés, regrettés.
Un an.
Cela ne fait qu’un an, cela fait déjà un an. Et voilà que je dois te quitter.
Je pars. Pour une maison. Plus loin. Jolie, plus grande, mais ce n’est pas chez moi. Pas encore. Et j’ignore si cela le sera un jour. Ce sera chez nous. Pas chez moi.

Peut être qu’en réalité, je suis terrifiée. Terrorisée.
Après tout, les nuits où je dors seule là-bas, je cauchemarde. J’erre désemparée. Tout est vide, trop vide. Trop triste. Seule là-bas ? J’en suis malade.
Seule ici, je suis en sécurité.

Je gagne sa présence constante.
Je perds ma solitude adorée.
Je gagne la chaleur humaine.
Je perds le froid de la nuit pluvieuse, où bercée par un saxophone triste, je lisais des poèmes et fumais une cigarette à moitié.
Je gagne de l’espace.
Je perds le mien.

Plus les jours défilent, moins je veux quitter cet appartement qui a été le mien cette année durant. Je suis terriblement attachée aux choses. Mais ce qui me rend malade, c’est la pensée que je ne pourrai plus revenir ici. Plus jamais. Je ne pourrai plus m’étendre au pied de la cheminée. m’asseoir à moitié sur le rebord de la fenêtre.
Ce sont d’autres personnes qui vivront à ma place, et je le vis comme un viol anticipé. C’est chez moi ici.
Mais je me trompe.
C’était.
C’était chez moi.

Je n’ai jamais autant détesté devoir parler au passé.

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It is all so blurred.

août 19, 2010 at 11:53 (Mo[ts/i])

Je suis lovée dans ses bras. Puis le téléphone.
Le nom qui apparaît me stupéfait quelque peu. Je décroche.
Ce n’est pas le green-eyed man. Ce n’est pas celui de Nice qui m’inspire de la pitié. C’est un autre.
Un ancien, un écrivain un peu triste et désabusé. Dans mes souvenirs flous, je vois un sabre de bois, des cheveux un peu trop longs, de l’encre, Tardieu, la fac, la luxure.
Je revois nos trois corps entremêlés. Mes cheveux noirs qui se mélangent à la chevelure blonde de celle que j’embrasse, tandis qu’il boit du campagne. Je suis jeune, je découvre la chair de deux corps ensemble, je suis naïve, je suis entre eux. Avant que je ne fasse connaissance avec leurs corps d’adultes essoufflés, il l’a trompée. Il l’a quittée, est venu vers moi, puis est retourné vers elle. Je n’ai pas eu le temps de m’attacher, je n’ai pas eu le temps d’aimer. C’est uniquement grâce à sa fuite que j’ai pu ensuite me plonger à corps perdu dans cette relation libertine qui se vivait à trois. Cela a duré un certain temps. J’en ai gardé de tendres souvenirs. Tout était tendre, pour moi. Doux. Presque beau. Il était le troisième corps masculin que je découvrais, elle était le premier corps féminin que j’explorais. Sans honte, sans peur, sans amertume. Sans attente non plus.
Le temps.
C’est le temps qui a pris la fuite, ensuite.
Les rencontres se sont espacées. J’ai entamé cette relation chaotique avec son meilleur ami.
Le temps.
C’est le temps qui m’a soignée, ensuite.
C’était mon tour de fuir. Au pays des théières, comme je  disais à l’époque. Un an, assez pour oublier, redécouvrir le corps d’une rousse explosive. Assez pour…
Le temps. Que de temps a passé, depuis.
J’ai grandi. J’ai rencontré, aimé, pleuré, désespéré, regretté. Cela fait maintenant 7 ans que je le connais. Que je pensais le connaître.
Nous sommes restés en bons termes. N’avons plus mêlé nos corps depuis fort longtemps, sans que je ne le regrette. Nous en parlions quelques fois en riant, c’était notre secret, nos cachotteries coquines, nos allusions amusées. Finalement, on a jamais couché, que tous les deux. J’avais ri quand il avait dit ça. Il y a 5 ans.

Ce soir, il parle beaucoup. Longtemps. Me confie ses déceptions. La pièce, le roman, les déceptions humaines, les conflits avec la troupe. Il parle et je l’écoute. Il me confie que je lui manque, et je souris, il me manque aussi. Il me lit le début de son troisième roman. Je savoure cette voix au téléphone. Ces mots, qui valsent devant moi. C’est cru et c’est beau. Il finit sa lecture. Recommence à parler. Entame sa confidence. Je continue de me taire. Je suis surprise. Avant qu’il ne complète son aveu, je ne peux m’empêcher de chuchoter à la nuit que non, je ne veux pas entendre ça. Il le dit pourtant.
Je t’avais repérée en première année. Tu savais même pas que j’existais. Tu suivais l’autre, ***, à ses cours de japonais. Ca fait… A l’époque, j’étais avec C. Tu l’as même pas connue, C. Donc ça fait 8 ans. Ca fait 8 ans.  Je t’aime, _.
Tu me manques atrocement.
Chut.
A chaque fois, je voulais te serrer contre moi. Mais je ne pouvais pas.
Tais toi.
Je t’aime, _.

Le silence. Je n’ai aucun mot à dire, à prononcer. Il voudrait que je parle, mais je suis tétanisée. Je chuchote un merci maladroit. Il rit. Un rire amer.
Je n’ai rien à répondre. Je suis triste.
Lui que je considère comme un de mes plus proches amis. Me dire ça.
Je suis triste.
Parce qu’en moi, je ne ressens rien. Je ne l’aime pas. Je lui dis, d’ailleurs. Je t’affectionne.
Ainsi, même toi, il était impossible que tu ne restes qu’un ami, un de mes meilleurs amis ?
On ne couche pas avec sa meilleure amie.
Tu me dis ça comme une évidence. Mais moi, je n’en sais rien. Je pensais que c’était possible. Je le pensais, sincèrement.
Je me trompais, encore.
Je me trompais.

Je ne peux m’empêcher d’espérer que, comme d’habitude, tu exagérais. Que tu te laissais emballer. Que tu avais beaucoup trop bu.
J’aimerais que ces confessions soient fausses.
Je me moque que tu me mentes.
Je souhaite que tu mentes.
Car si tout cela est vrai, alors tu n’as jamais été réellement heureux depuis 8 ans. Et je n’ai rien vu.
Car si tout cela est vrai, tu ne seras pas réellement heureux avant  encore un long moment. Et je ne pourrai t’aider.
Que faut-il que je fasse, que je dise, que j’écrive,  après ce coup de téléphone qui m’a brûlé l’oreille et le coeur ?

Le lendemain, je t’envoie quelques mots maladroits mais sincères. Tu diras, quelques heures plus tard sur le site communautaire bleu, que tu es un mort en sursis.
Ce statut disparaîtra avant la fin de la journée, mais j’aurai eu le temps de le lire.

Que faut-il que je fasse, que je dise, que j’écrive, après cela ?

Après avoir raccroché, sans dire un mot, je suis retournée me blottir contre celui qui me rend heureuse, que je crois, que j’adore. Il était inquiet. Mais j’allais mieux. J’avais besoin de le sentir avec moi. Il était là.

Comment vas-tu aujourd’hui, mon écrivain triste ?
Je n’ose pas appeler. Ni écrire.
Je suis triste. Je t’Affectionne réellement tu sais.
Mais ça ne suffit pas.
Mais je ne peux rien de plus.
Alors quoi ?

Rester silencieuse ?
Disparaître ?
Faire comme si rien n’avait été dit ?

Je ne sais pas. Peut être ne veux-je pas savoir.

Je ne sais qu’une chose.
Je veux retrouver celui qui me rend heureuse, parti se faire opérer des dents de sagesse.
C’est tout.

J’aimerais effacer ces regrets.
J’aimerais effacer ces sentiments qui resteront sans réponse.
Mais je ne peux pas.
Alors je ne dis ris. Ne fais rien. Mais entre nous,  il n’y a rien à faire. Depuis longtemps.

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J’ai une question

juillet 6, 2010 at 8:35 (Uncategorized)

Il n’est jamais trop tard pour comprendre quelqu’un. Ou du moins, comprendre l’attitude que cette personne a pu avoir à notre égard, quand justement, on ne comprenait pas. Quand on pleurait. Quand on pensait que notre minable petite vie était finie et que plus jamais nous n’arriverions à faire confiance.

Il écrit un mail. Je ne réponds pas. Il en renvoie un autre. Je ne répondrai pas. Ou peut être que si.  Je ne sais pas.

Les mots sont différents, l’attitude aussi, mais je me retrouve dans ce qu’il dit. Dans ces mails qui larmoient presque, je me revois il y a plus d’un an, lorsque le green-eyed man avait trouvé sa D., et qu’il m’avait quittée pour elle. Je n’avais rien dit. J’avais même ri. Mais ma main tremblait et chacun des mots qu’il prononçait me brûlait l’oreille et le coeur. Je voulais raccrocher mais je savais pertinemment qu’alors, je n’entendrais plus sa voix pendant un long moment.
Lorsque la conversation avait pris fin, j’avais passé la nuit à pleurer et à avoir mal. M’étais ensuite perdue dans de multiples relations mais peu importaient les corps qui me possédaient, je passais mes nuits à me mitrailler de souvenirs douloureux. A me raccrocher à des espoirs absurdes, à me maudire de ne pouvoir l’oublier, à me détester quand je faisais quelque chose qui était susceptible de l’ennuyer. Rien n’y faisait et j’avais commencé à accepter l’idée que je ne l’oublierai jamais.
Idée qui avait été confirmée lorsque je l’avais revu, lorsque sa voix était de nouveau parvenue à moi.
Aucun homme ne le remplaçait, ne l’égalait. Il était supérieur à tous. Plus beau, plus intelligent, plus cynique, plus mûr, plus viril, plus indécent, plus sauvage, plus rassurant.
Sk[@] était trop maniaque, N[1]ck était trop loin et trop alcoolique, M. était trop petit, trop dépressif, trop chiant, trop sadique, trop lourd (ça fait beaucoup…). J’ai espéré un petit moment avec S. mais non, il était lui aussi trop loin, trop réservé, trop “pas assez viril” , trop stressé.
Chaque fois que je me sentais triste ou découragée, je pensais au green-eyed man pour aller mieux. A ce qu’il m’aurait dit.

Aujourd’hui, je parle de lui sans regrets. Je suis inquiète car il a une santé fragile, mais sans plus.
Je suis parvenue à le remplacer. Rien n’est éternel, comment ai-je pu croire le contraire ? La relation que je suis en train de vivre non plus. Un jour sûrement mourra t-elle, épuisée par l’habitude, l’ennui, ou l’absence de désir. Mais pour l’instant je suis bien. Heureuse. Et me sens à ma place à nouveau.

Alors quand je reçois ces mails pathétiques, je ne sais que répondre, et je ne réponds pas.
Et je comprends alors, un peu, du moins je l’espère, le silence d’autrefois du green-eyed man, quand j’envoyais des messages, des mails. Sûrement se disait-il qu’il valait mieux ne pas me répondre.
D’abord, parce qu’il n’y a rien à répondre à la personne qui nous confesse son mal-être et ses regrets  quand on ne l’aime plus. Et qu’ensuite, continuer d’entretenir un lien avec, même infime soit-il, c’est retarder, encore et toujours, sa guérison.
Je ne souhaite qu’une chose, c’est qu’il m’oublie. Qu’il m’enterre, moi et tous les sentiments qu’il a pu avoir à mon égard.
Que je meure dans ses souvenirs.
Oui, je le souhaite ardemment. Et maintenant que je peux te parler sans crainte et sans peur, je te le demande,  Était-ce cela que tu souhaitais, à l’époque, mon cher et tendre Green-eyed man ?

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Share it with me. Your life, I mean.

juin 7, 2010 at 4:57 (Yep Yep)

Le choix fut vite fait, si tant est qu’il y eut un choix à faire. En réalité, nous n’avons pas réfléchi, nous n’avons pas parlé. C’était une évidence. Avec un E en majuscule. En très grosse majuscule.
Ma vie solitaire prendra fin en septembre, juillet si nous sommes chanceux. Je cherche un futur nid à trois.
Trois ?
Nous serons  trois, oui. Il y a cet ami qui se retrouve seul en septembre. Finances très maigres. J’ai sauté sur l’occasion. En réalité, j’ai encore un peu peur.
Habiter ensemble. Vivre ensemble. Et si jamais ça foire ? Si jamais ça plante ? Je ne veux pas me sentir étouffée. Je ne veux rien gâcher. Alors plutôt que me précipiter dans le confort dangereux d’une vie en couple, je m’accroche à cette solution, la présence d’un ami commun, qui me sauvera de l’isolement à deux.
Suis-je prête. Ou pas. Je verrai.
Je pense, je l’espère, mais je suis si compliquée, je me fais tellement peur.

En tout cas, les nuits où je me perds en lui me manquent déjà. Je le retrouve dans 10 jours. C’est tellement long, tellement court.
J’ai perdu toute notion du temps.
Je suis une horloge cassée, les battements de mon aiguille sont chaotiques, je ne vis qu’à son heure à lui.
Quelle heure est-il, me demanderez vous.
L’heure de l’aimer, vous répondrai-je.

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Tu m’offriras le futur

mai 26, 2010 at 4:39 (Yep Yep)

Chaque fois que je le retrouve, je vibre. Mon coeur. Mon corps. Mes sentiments.
Tout s’agite, je e contrôle plus rien. La fatigue s’échappe, ou bien est-ce moi qui la fuit habilement, tant je me rue vers lui à vive allure. Je cours à la vitesse du désir.
Sans lui, je suis ombre grise et triste.
Avec lui, je suis  couleurs et envies.

Et pour la première fois, je ne suis pas la seule à éprouver cette sensation de vide. Il me confie ses craintes, ses peurs, ses angoisses.  Me chuchote qu’il ne peut être vivant que lorsque mon corps complète le sien. Je ferme les yeux. L’obscurité fragile m’aide à savourer son odeur.

Nuit.
Je suis allongée contre lui, encore tremblante. Mon coeur bat de façon chaotique. Ma respiration est anarchique. Sur ma peau, un océan de perles de transpiration.
Je sens la fatigue m’étreindre, s’emparer de tout mon corps, ce corps qui est le sien aussi.
Je suis sur le point de m’endormir, en paix, quand…

. Je veux partager ma vie avec toi.

Je me demande si je rêve. J’attends puis ouvre timidement les yeux.
Il me contemple.
Je caresse son visage.
Il est là. Il est réel. Il me veut. Il veut me garder. Ce soir. Aujourd’hui.  Demain.
Je le rends heureux et vivant.
Alors ma poitrine  se serre. J’ai envie de pleurer de joie. Mais exténuée, je me contente de lui répondre qu’il est mon miracle, mon bonheur.
Et que je lui appartiens, je lui appartiens pleinement.

Je me répète cette phrase chaque jour. Chaque soir. Et toujours, ce sourire, sur mon visage…

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